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Un patron de bistrot portant, dans son arrière-salle, une épée à la taille, surtout au XX éme siècle, c’est assez extraordinaire. Mais franchement où ça se corse (chef-lieu Bastia – histoire de fomenter une petite guerre civile), où ça se corse, disais-je, c’est quand l’épée n’est pas à la taille du type, mais à travers la taille… Je tiens aussi à vous préciser que cette découverte n’est pas faite pour me réjouir, vu que l’épinglé était mon seul contact dans ce foutu bled… Pour lui, le contact a été plutôt rude, et pour moi, il risque de l’être aussi, je le crains, car j’entends déjà mugir, au loin, une sirène de police…
Mes funérailles étaient prévues pour dix heures, mais dès neuf heures, la maison était déjà pleine de gens. Tout le monde pleurait, ce qui me touchait beaucoup. Sur les faire-part on avait précisé » ni fleurs ni couronnes « , histoire de ne pas mettre les copains dans les frais, mais, nonobstant cette recommandation, la plupart des assistants s’annonçaient avec des gerbes, des couronnes, des coussins d’oeillets, des croix en roses et autres joyeux présents. Oui, il faut vraiment mourir pour mesurer le degré de sa popularité. J’en étais tout ému. Mais quand j’ai vu radiner le Gros, beau comme une pissotière repeinte, dans un complet noir, avec une chemise vraiment (et très provisoirement) blanche, soutenu par Alfred le coiffeur, mon coeur m’est remonté dans le gosier.
